EMMANUELLE HUYNH

Portrait Emmanuelle Huynh

Née en 1963, Emmanuelle Huynh a fait des études de philosophie (DEA à Paris 1) et de danse (Mudra Béjart/Bruxelles). Après avoir été interprète auprès de Nathalie Collantes, Hervé Robbe, Odile Duboc, Catherine Contour, le Quatuor Knust, elle bénéficie en 1994 d’une bourse Villa Médicis hors-les-murs pour un projet au Viêt Nam, et crée à son retour (1995), son premier opus : le solo Múa, avec l’éclairagiste Yves Godin et le compositeur Kasper T. Toeplitz.

Elle poursuit son travail chorégraphique avec des projets allant à la rencontre de praticiens issus de champs disciplinaires des plus variés : l’astrophysicien Thierry Foglizzo et sa recherche sur les trous noirs aux côtés de six danseurs pour Distribution en cours (2000) ; les plasticiens Frédéric Lormeau pour Vasque fontaine/partition Nord (1998), Erik Dietman pour la performance Le modèle modèle modèle, hommage à Rodin (1999), ou Nicolas Floc’h pour Numéro (2002), La Feuille (2005) ; le DJ Jeff Mills pour le concert performé Oneness (2013).

En 2009, Emmanuelle Huynh concrétise un projet atypique, initié à l’occasion d’une résidence à la Villa Fujoyama (Kyoto, 2001), de collaboration avec la maîtresse ikebana (art floral japonais) Seiho Okudaira : Shinbai, le vol de l’âme,  au sein duquel ikebana et danse se répondent, donnant lieu à la création d’un « rikka » (bouquet) dans une scénographie de Nadia Lauro.

Son intérêt pour le Japon et les artistes japonais l’avait déjà amenée en 2008 à chorégraphier le duo Futago (« Jumelle »en japonais) dans le cadre de Monster Project, dialogue d’écritures chorégraphiques créé à Kyoto avec le chorégraphe Kosei Sakamoto, sur le thème du monstre. Et en 2011, elle crée Spiel, duo avec le danseur et chorégraphe butô japonais Akira Kasai.

Elle crée plusieurs spectacles à partir d’œuvres littéraires : Bord, tentative pour corps, textes et tables, projet chorégraphique avec textes de Christophe Tarkos et tables de Nicolas Floc’h (2001) et A Vida Enorme/épisode 1, duo qui sample des textes du poète portugais Herberto Helder (2003).

Emmanuelle Huynh élabore des écritures chorégraphiques qui se renouvellent sans cesse, propres à chaque projet. Dans Heroes (2005) pièce pour sept danseurs et un musicien, elle met en scène les figures héroïques de notre enfance ; Le Grand Dehors, conte pour aujourd’hui, créé en 2007, s’est attaché aux « danses perdues », danses que l’on abandonne durant un travail chorégraphique, et qui témoignent cependant d’un état du monde.

En 2012, dans Augures, sept personnages arpentent un lieu abandonné qui contient les vestiges de vies antérieures dont la leur. Nadia Lauro, scénographe, fait de ce lieu et son architecture, un huitième protagoniste.

En 2009, la création de Cribles au festival Montpellier Danse introduit un nouveau rapport à la musique dans le travail de la chorégraphe : la partition Persephassa (1969) de Iannis Xenakis génère l’architecture de cette pièce pour onze danseurs. La version Cribles/live en 2010 invite les six musiciens des Percussions Rhizome à performer la musique en direct. Elle approfondit le rapport danseurs/musiciens/gestes. Les percussionnistes entourent la danse et le public, selon la pensée de Xenakis.

Emmanuelle Huynh développe depuis une quinzaine d’années un travail pédagogique en direction des écoles d’art, des lieux de formation pour danseurs (ex.e.r.ce à Montpellier, Impulstanz à Vienne, Forum Dança à Lisbonne, International Dance Workshop Festival à Kyoto, P.A.R.T.S à Bruxelles), pour acteurs  (écoles  supérieures des théâtres nationaux de Bretagne et de Strasbourg). Elle organise des sessions de travail regroupant des artistes de différents domaines : Hourvari, laboratoire instantané au Centre Pompidou en 2001, Edelweiss au CCN de Montpellier en 2003, Ligne d’arrivée dans le cadre de la résidence de la compagnie au Domaine départemental de Chamarande en 2004, Emanticipation en 2014 à la Fondation Galeries Lafayette et Phonographier Saint Nazaire en 2018 dans le cadre du portrait de la ville.

Elle a mené, de 1992 à 2006, une série d'entretiens avec Trisha Brown publiés en décembre 2012 aux éditions Les Presses du réel : « Histoire(s) et lectures : Trisha Brown / Emmanuelle Huynh ». Elle prépare un livre à partir des échanges de travail avec Akira Kasai lors de la création de Spiel.

En juillet 2004, elle est directrice artistique du festival Istanbul Danse, projet de coopération entre artistes turcs et artistes français regroupant à la fois diffusion, pédagogie et débats.

De février 2004 à décembre 2012, Emmanuelle Huynh dirige le Centre national de danse contemporaine (CNDC) à Angers. Le projet artistique de ce CCN se déploie autour des cinq missions : création, École supérieure, résidences d’artistes, programmation de la saison danse au Quai, service éducatif et des publics. Elle refonde ainsi le projet pédagogique  autour de deux cursus: Formation d’Artiste Chorégraphique destinée à de jeunes artistes chorégraphiques et la formation d’auteur Essais, qu’elle crée et qui dispense alors un « master danse, création, performance », en partenariat avec l’université Paris 8 Saint-Denis et l’école des beaux-arts d’Angers (Esba-Talm).

Elle y accompagne ainsi les artistes émergents, notamment avec le festival Schools, qui après deux éditions angevines (2009 et 2011), est accueilli au festival Montpellier Danse en 2013.

Depuis 15 ans,  Matthieu Doze, Pascal Queneau et Nuno Bizarro accompagnent régulièrement l’ensemble de ses projets.

En octobre 2014, elle crée Tôzai!...  pièce pour six danseurs et un rideau monumental de l’artiste Jocelyn Cottencin au Théâtre Garonne – scène européenne à Toulouse.

Parallèlement, sur les années 2014-2016, suite à l’invitation des services culturels de l’Ambassade de France à New York, Emmanuelle Huynh met en œuvre le projet  A taxi driver, an architect and the High Line, avec Jocelyn Cottencin, un portrait de la ville de New York à travers son architecture, ses espaces, ses habitants, composé de films-portraits et d’une performance. L’installation est créée à Passerelle Centre d'art contemporain, Brest en février 2016 et la performance qui active cette installation lors du Festival Danzfabrik / Le Quartz en mars 2016.

Ils poursuivent leur collaboration et réaliseront des portrait(s) sensibles, filmés et dansés de la ville de Saint Nazaire (création 2017-2019) et Sao Paulo au Brésil (création 2019 et 2020).

Une collaboration au long cours se dessine avec la japonaise émigrée aux Etats-Unis, Eiko Otake, rencontrée en 2013. Conçue comme un work in progress, elle est l’occasion de représentations publiques régulières (Bruxelles en mai 2015, New York en juin 2015 et février 2016, Berkeley en avril 2016…).

Elle crée en novembre 2017 une pièce pour 4 danseurs « Formation », d’après l’œuvre autobiographique de Pierre Guyotat dans un dispositif plastique imaginé par Nicolas Floc’h.

Une nouvelle pièce de groupe, prévue en 2020, poursuivra l'exploration de la relation danse/musique avec le compositeur Philippe Leroux, qui réécrit actuellement son œuvre « Envers Symphonie ». Une composition qui reprend « à l’envers » la Symphonie fantastique de Berlioz, pièce charnière dans l’histoire de la musique.

Le travail d'Emmanuelle Huynh porté par Plateforme Múa, compagnie ou ensemble à rayonnement national et international (CERNI), s’ancre dans une vision élargie de la danse, produisant des savoirs, des émotions qui modifient la vision que la société peut porter sur elle-même via la transmission, l’art, l’engagement citoyen et qui contribuent à aider cette société à se penser, se structurer, agir. La compagnie développe ainsi avec la même attention le travail de création et de diffusion de son répertoire, les actions pédagogiques et les projets de coopérations internationales et transdisciplinaires.

De 2014 à 2016, Emmanuelle Huynh est Maître-Assistant associée à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes. Elle intervient actuellement à l’ENSA Nantes-Mauritius.

En septembre 2016, elle est nommée Professeure de l’Atelier danse, chorégraphie, performance aux Beaux-Arts de Paris.

 

 

 

Entretien paru dans  DanserCanalHistorique.com le 15 novembre 2014 à l'occasion de la représentation de Tozaï! au festival Instances. 

Danse contemporaine et esprit de la décentralisation, artcle paru dans L'Observatoire n°43, hiver 2013 :

 

Le Rendez-Vous

logo France Culture

Laurent Goumarre reçoit Emmanuelle Huynh qui signe « Tozai », une pièce qui fait écho vingt ans plus tard à "Mua", son premier passage à la chorégraphie, du Vietnam au Japon et Michel Francois co-auteur de l’exposition "Philae-thchouri" : un titre aux résonnances spatiales pour celui qui se prend pour un sculpteur...

24 février 2015

 

Hors champ

Laure Adler reçoit Emmanuelle Huynh, danseuse, chorégraphe et directrice du Centre national de danse contemporaine d'Angers.

27 novembre 2012

A voix nue

Entretien à deux voix, cinq demi-heures pour écouter les confessions de ceux qui marquent notre époque : philosophes, artistes, créateurs …

Emmanuelle Huynh est l'invitée de Laurent Goumarre

#1 - 28 juin 2004

#2 - 29 juin 2004 : Tout contre

#3 - 30 juin 2004 : Distribution en cours

#4 - 2 juillet 2004 : Les mots n'existent pas

#5 - 3 juillet 2004 : Fou rire

Cribles Live et Mùa

Le Républicain Lorrain - 22 janvier 2011
Les rondes, premières danses du monde
Lire l'article

Numéro

Time Out New-York - 7 octobre 2010
And now for a trick up her sleeve...
Lire l'article

Monster Project

Le Courrier de l'Ouest - 28 février 2008
La chorégraphe Emmanuelle Huynh porte les couleurs d'Angers au Japon
Lire l'article