A vida enorme/performance, 2002

conception Emmanuelle Huynh

A Vida Enorme/performance est un duo constitué de deux parties distinctes et pensé comme un film dont la bande son et l’image sont séparées et présentées à la suite l’une de l’autre.

"La première partie, la bande sonore, est un dialogue entre un homme et une femme qui s’adressent l’un à l’autre depuis deux poèmes du portugais Herberto Helder. L’espace de « situation » (la rue, la chambre) entre dans cette poésie « samplée » en français et en portugais. Une deuxième couche sonore, rock, vient régulièrement écraser le pseudo réalisme de la première. Ce geste sonore est un mouvement qui dessine un horizon commun aux deux protagonistes à la façon d’un refrain.
L’homme et la femme viennent ensuite inscrire leur présence sur le plateau en deux parcours autonomes qui se conjuguent parfois. Leur physicalité, tour à tour brute et vacillante, imprime son propre récit.

J’ai eu envie de faire travailler les couches délibérément séparées du son et de l’image, celles superposées de la poésie physique et spirituelle de Helder et l’utopie rock de Bowie et celles juxtaposées du découpage opéré pour la langue puis par les corps.

A Vida Enorme / performance, tente un récit dispersé en utilisant les outils cinématographiques tirés vers la scène du spectacle vivant sans qu’il y ait à proprement parler d’image (projetée) sur la plateau, récit dans lequel la langue et le corps célèbrent la chair du monde et son opacité."


conception Emmanuelle Huynh
texte Herberto Helder (La Cuiller dans la bouche, Du Monde, éditions La Différence)
danse Emmanuelle Huynh et Nuno Bizzaro
bande-son Sandy Notarianni
voix Emmanuelle Huynh et Nuno Bizzaro
accompagnement du texte Jean-Paul Quéinnec

durée : 55 minutes

Production compagnie Múa ; coproduction Entre cour et jardins - Dijon, Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon, La Villa Gillet - Lyon.
Créée en juin 2002 à la Villa Gillet, Lyon.

Je suis couché dans mon poème. Je suis universellement seul,

couché sur le dos, avec le nez qui aspire,

la bouche qui ne dit mot,

le sexe noir dans sa tranquille pensée.

On frappe, on monte, on ouvre, on ferme,

on crie autour de ma chair qui est la chair compliquée du poème.

/

Estou deitado no meu poema. Estou universalmente so,

deitado de costas, com o nariz que aspira,

a boca que emudece,

o sexo negro no seu quieto pensamento.

Batem, sobem, abrem, fecham,

gritam à volta da minha carne que é a complicada carne do poema.

 

 

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